Accueil » Marketing B2B : l’objectif du chiffre d’affaires, le casse-tête du ROI

Marketing B2B : l’objectif du chiffre d’affaires, le casse-tête du ROI

Les directions générales fixent désormais au marketing B2B des objectifs de ventes autrefois réservés aux commerciaux. Pour les atteindre, les équipes marketing répartissent leurs budgets entre l’IA, les salons et l’alignement des équipes brand et demand gen… mais elles peinent toujours autant à mesurer le ROI de leurs actions.

Le marketing B2B, évalué selon sa contribution au chiffres d’affaires

Les entreprises B2B demandent de plus en plus à leurs équipes marketing de rendre des comptes sur leur contribution (plus ou moins) directe au chiffre d’affaires, au-delà de leur activité ou du volume de leads qu’elles transmettent aux commerciaux.

Selon le benchmark 2026 signé B2BMX Insights (ex-Demand Gen Report), un tiers des équipes marketing a désormais un objectif de chiffre d’affaires, soit près de 8 points de plus qu’en 2025. Comme les commerciaux, elles sont désormais évaluées sur un objectif de revenus.

Le classement des indicateurs de performance a suivi le même mouvement, puisque le pipeline influencé, cité par 44 % des répondants, est passé devant les opportunités générées, les MQL (Marketing Qualified Leads) et les SAL (Sales Accepted Leads), qui arrivaient en tête en 2025.

Ces indicateurs correspondent à des étapes différentes du processus d’achat, entre le premier signe d’intérêt d’un contact et la signature du contrat :

  • le MQL désigne un contact que l’équipe marketing juge assez qualifié pour le confier aux commerciaux, au vu de son profil et de ses interactions avec la marque (téléchargement d’un livre blanc, visites du site, inscription à un webinar, etc.), même si son entreprise n’a pas encore exprimé de projet d’achat ;
  • le SAL correspond à un MQL que les commerciaux ont examiné et accepté de prendre en charge ;
  • les opportunités générées sont les deals que les commerciaux ont ouvertes dans le CRM à partir d’un contact apporté par le marketing, en général après avoir identifié un besoin et estimé un montant ;
  • le pipeline influencé correspond à la valeur cumulée des opportunités en cours dans lesquelles au moins un interlocuteur du compte, c’est-à-dire de l’entreprise cliente potentielle, a participé à une action marketing, quelle que soit l’origine de l’affaire (contact apporté par le marketing, prospection des commerciaux, recommandation d’un partenaire, etc.) ;
  • le chiffre d’affaires signé regroupe les montants des contrats que les clients ont conclus à l’issue de ces opportunités.

Les entreprises qui retiennent le pipeline influencé mesurent ainsi la contribution du marketing à l’échelle du deal et du compte plutôt qu’à celle du contact isolé, ce qui correspond mieux aux achats B2B, où la décision mobilise souvent plusieurs personnes chez le client.

Mesure du ROI marketing : les équipes B2B peinent à prouver leur impact sur les ventes

Les équipes marketing ne peuvent suivre un objectif de chiffre d’affaires que si elles savent relier leurs campagnes aux contrats signés. Elles doivent pour cela mesurer l’attribution, c’est-à-dire la part du chiffre d’affaires imputable à chaque action marketing, et l’influence de ces actions sur les affaires en cours.

Or, près de la moitié des répondants déclarent ne pas encore disposer de cette mesure et prévoient de la mettre en place dans les 12 prochains mois. Pire : la part des marketeurs qui mesurent activement cet objectif a reculé par rapport à 2025.

LinkedIn arrive à un constat proche dans un guide consacré à l’attribution en B2B, publié le 22 octobre. Le réseau social professionnel indique que seuls 33 % des marketeurs B2B sont « tout à fait d’accord » avec l’idée qu’ils peuvent prouver l’impact de leur action à la direction générale, et que 75 % jugent leur système de mesure « insuffisant ».

Pour rattacher le chiffre d’affaires à leurs actions, les équipes marketing se heurtent notamment :

  • à la durée des cycles de vente : dans les ventes complexes, plusieurs trimestres peuvent séparer la participation d’un prospect à un salon ou à un webinar de la signature du contrat, si bien qu’une partie des actions menées pendant l’année ne se traduit en chiffre d’affaires que l’année suivante, hors de la période couverte par le quota ;
  • à la multiplicité des interlocuteurs et des points de contact : les membres du comité d’achat assistent à des événements, lisent des contenus, cliquent sur des publicités et échangent avec les commerciaux, ce qui oblige l’entreprise à choisir une règle d’attribution (premier contact, dernier contact ou répartition entre toutes les interactions), sachant que la part attribuée au marketing peut varier fortement d’une règle à l’autre ;
  • à la qualité des données du CRM : elles ne peuvent associer une campagne à une opportunité que si les commerciaux rattachent les bons contacts à chaque deal et si le marketing enregistre la participation de ces contacts à ses actions, faute de quoi la contribution du marketing n’apparaît pas dans les rapports ;
  • aux interactions qui ne laissent pas de trace : une partie de la recherche des acheteurs se déroule dans des échanges entre pairs, sur des plateformes d’avis ou dans des assistants d’IA comme ChatGPT, sans visiter le site ni remplir un formulaire. Elle ne peut donc être imputée à aucune campagne ;

Les équipes qui ont un quota de chiffre d’affaires sans disposer de ces mesures sont donc évaluées sur un résultat qu’elles ne savent pas décomposer par action.

Budgets marketing B2B : l’IA, les salons et les campagnes communes en tête

Les équipes marketing B2B interrogées par B2BMX Insights placent l’IA en tête de leurs priorités budgétaires, tout en misant davantage sur les rencontres en face à face et sur la coopération entre leurs équipes brand et demand gen.

La majorité (60,4 %) des sondés citent les outils et plateformes marketing basées sur l’IA en tête des postes dont le budget a augmenté en 2026. Cette technologie dépasse donc l’account-based marketing (ABM), qui arrivait en tête en 2025.

Les salons et événements physiques restent particulièrement plébiscités, puisque 62,2 % des marketeurs prévoient d’y investir davantage en 2027 pour générer du pipeline.

Enfin, la coopération entre les équipes brand, chargées de la notoriété et de l’image de marque, et les équipes demand gen, chargées de générer des opportunités commerciales, est à l’ordre du jour. Environ 42 % sondés déclarent que ces deux équipes mènent des campagnes communes avec des objectifs partagés.

En rapprochant ces deux équipes, les entreprises intègrent les actions de notoriété aux mêmes campagnes et aux mêmes objectifs que la génération de la demande, alors que leur effet sur les ventes se mesure habituellement sur un temps plus long.