Manifestement, le référencement sur les moteurs IA commence à générer ses premiers résultats pour les marques pionnières du B2B. C’est en tout cas la principale conclusion de l’édition 2026 du State of GEO in B2B Marketing, une nouvelle étude publiée le 3 juin par GNW Consulting et Demand Metric.
Un impact modéré sur le trafic, mais un taux de conversion étonnant
L’étude compile les réponses de 225 responsables marketing et commerciaux B2B dans la région EMEA. Le GEO, pour Generative Engine Optimization, désigne l’optimisation de la visibilité de la marque dans les réponses générées par les moteurs d’IA (ChatGPT, Perplexity, Google AI Overviews, etc.). Si cette « discipline » est encore dans sa phase exploratoire, les données de l’étude montrent déjà quelques résultats intéressants pour les marques pionnières.
L’écrasante majorité (92 %) des organisations interrogées expérimentent ou déploient une tactique GEO. Parmi elles, 78 % affirment mesurer un retour sur investissement positif. Celles qui y consacrent plus de 5 % de leur budget marketing rapportent un « impact supérieur » aux autres.
Ces premiers retours doivent toutefois être confrontés à la volumétrie du trafic IA. Selon le rapport Conductor 2026 AEO/GEO Benchmarks (13 770 domaines analysés, 3,3 milliards de sessions), le trafic référé par les plateformes d’IA représente en moyenne 1,08 % du trafic total, avec un pic à 2,8 % dans l’IT.
Or, 22 % des répondants de l’étude GNW/Demand Metric attribuent plus de 5 % de leur trafic web à l’IA, nettement au-dessus du benchmark de référence :
- Soit ces organisations disposent de contenus particulièrement bien calibrés pour les moteurs génératifs ;
- Soit la mesure du trafic IA reste approximative selon les outils (avec une faiblesse manifeste dans Google Analytics 4).
Le volume du trafic reste encore faible, mais les taux de conversion sur ce canal sont étonnants. Selon une étude d’Opollo portant sur 312 entreprises IT (janvier 2025 à janvier 2026), les visiteurs référés par l’IA convertissent en moyenne à 14,2 %, contre 2,8 % pour le trafic organique Google. Les acheteurs B2B qui arrivent via un LLM ont souvent déjà filtré les options et réduit leur shortlist avant de cliquer.
Le GEO dans le B2B : une large adoption mais un manque de ressources en interne
Si la majorité des équipes B2B expérimentent déjà avec le GEO, très peu ont structuré cette technique comme une fonction opérationnelle dans la notoriété et l’acquisition. Même les agences, qui ont généralement une certaine avance sur les annonceurs, sont encore en phase de structuration :
- Moins de 15 % des entreprises interrogées ont désigné un responsable GEO dédié, malgré la multiplication des initiatives au sein des équipes marketing ;
- 88 % des agences SEO revendiquent une offre GEO ou d’optimisation pour la recherche IA, mais 37 % reconnaissent que cette offre reste « mal définie »
- Les contenus pensés pour l’IA et les plateformes de discussion (forums spécialisés, Reddit, etc.) sont classés par les répondants légèrement devant les tactiques SEO traditionnelles comme leviers de « découvrabilité » dans les moteurs génératifs ;
- Selon une analyse cross-plateforme d’Ahrefs (2026), seuls 12 % des URL citées par les assistants IA figurent dans le top 10 de Google : les équipes qui traitent le GEO comme un sous-ensemble du SEO risquent de passer à côté des contenus qui comptent pour les LLM.

