Depuis plus de deux ans, LinkedIn propose à ses membres des outils d’aide à la rédaction par l’IA. Aujourd’hui, le réseau social professionnel est en train d’entraîner des systèmes IA pour identifier les publications et commentaires générés à grande échelle par les chatbots…
LinkedIn cible les posts IA qui « recyclent les mêmes idées »
LinkedIn revendique désormais une ligne plus stricte sur les contenus générés avec les chatbots. L’IA peut servir d’aide à l’écriture, mais la plateforme veut limiter la diffusion des contenus qui ressemblent à des textes prêts à publier, sans apport identifiable de la part de l’auteur. Dans le détail, LinkedIn dit cibler, entre autres :
- les posts motivationnels construits sur des leçons très générales ;
- les commentaires automatiques qui paraphrasent la publication initiale ;
- les appels à l’engagement comme « Commentez ‘x’ et je vous envoie ‘y’ » ou « mentionnez quelqu’un qui doit lire ça » ;
- les publications industrialisées, qui reprennent le même fond et le déclinent en masse sur plusieurs variables (secteurs d’activité, zones géographiques, etc.).
Dans une prise de parole fin mai 2026, Laura Lorenzetti, VP et Executive Editor chez LinkedIn, a expliqué sa position sur la profusion de contenus générés par l’IA et les mesures envisagées pour y remédier :
« Il est plus important que jamais de pouvoir apprendre au contact de voix réelles, de points de vue authentiques et d’expériences vécues. Mais il est de plus en plus difficile de garantir cette dimension humaine. L’IA peut être utile pour affiner un texte, mais on voit aussi se multiplier ce que beaucoup appellent du “AI slop” : des contenus bâclés, parfois soignés en apparence, mais dépourvus de véritable point de vue, d’originalité ou de substance. »
Le volume de contenus diffusés sur LinkedIn a (encore) progressé de 14 % sur les 12 derniers mois. Mécaniquement, cette hausse s’accompagne d’une recrudescence de contenus génériques, qui finissent par inonder le fil d’actualité des utilisateurs.
LinkedIn compte brider la portée des contenus problématiques
LinkedIn agit d’abord sur la portée des publications. Quand ses systèmes classent un post dans la catégorie « AI slop », la publication peut rester visible par les relations directes de son auteur, mais elle circulera beaucoup moins dans les recommandations.
La plateforme traite donc le problème au niveau du fil d’actualité : elle réduit la diffusion des contenus jugés génériques sans aller jusqu’à la suppression, et sans informer l’auteur. Ce mode opératoire rappelle d’ailleurs le « shadow ban » d’Instagram, où la portée organique des posts problématiques est silencieusement bridée, sans avertissement.
Le dispositif repose sur un modèle de détection entraîné avec les équipes d’ingénierie et l’équipe éditoriale de LinkedIn. Selon Laura Lorenzetti, les premiers tests ont montré un taux de réussite de 94 %.
Dans les mesures annoncées, LinkedIn prévoit notamment de :
- limiter la diffusion des posts classés comme génériques au-delà du réseau direct de l’auteur ;
- repérer les formulations récurrentes associées aux publications IA, notamment les structures très calibrées et les appels artificiels à l’engagement ;
- inclure les commentaires dans le filtrage, surtout quand ils paraphrasent la publication initiale ou simulent une réaction humaine ;
- cibler les contenus produits en série par des outils d’automatisation.
Les paramètres de détection nécessitent toutefois plusieurs mois de fine-tuning avant de produire les effets attendus sur les fils d’actualité.

