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Le ROI de l’IA dépend davantage du cadrage des usages que du budget alloué aux outils

La grande majorité des entreprises B2B ont augmenté le budget alloué aux outils d’intelligence artificielle en 2026. Mais selon une nouvelle étude menée par BCG auprès de 12 000 salariés, le ROI de cette technologie tient davantage à la clarté des consignes qu’au montant investi. On fait le point.

L’orientation des usages compte plus que l’accès aux outils

Les salariés qui reçoivent des consignes claires sur les cas d’usage et le périmètre attendu de l’IA rapportent de meilleurs résultats que ceux qui disposent d’outils performants mais sans aucune directive.

Pour parvenir à ce constat, BCG a comparé deux groupes dans son panel :

  • D’un côté, des salariés bien « briefés » mais qui n’ont pas accès aux meilleurs outils IA ;
  • De l’autre, des salariés avec un accès aux meilleures IA et avec suffisamment de tokens, mais qui restent livrés à eux-mêmes.

Résultat : 80 % des premiers déclarent un effet réel de l’IA sur leur travail, contre seulement 60 % pour les seconds.

L’adoption, elle, ne pose plus vraiment de problème de volume : 74 % des salariés utilisent désormais l’IA au moins une fois par jour, soit 23 points de plus qu’en 2025. Mais cette progression rapide ne se traduit pas par un gain proportionnel. BCG relève que 58 % des utilisateurs réguliers consacrent le temps libéré par l’IA à leurs tâches habituelles plutôt que de le rediriger vers des missions à plus forte valeur ajoutée.

Ce décalage s’explique essentiellement par deux facteurs :

  • 66 % des salariés qui utilisent l’IA au quotidien disent ne pas avoir reçu de consignes sur la manière d’exploiter le temps récupéré ;
  • La responsabilité de la montée en compétences sur l’IA n’est pas clairement délimitée : les dirigeants comptent sur l’autonomie des salariés, et les salariés estiment que c’est à l’employeur de les former.

L’investissement en IA, un facteur de croissance

Les conclusions de BCG ont été confirmées par une autre analyse croisée réalisée par Ramp x Revelio Labs sur environ 22 000 entreprises américaines : l’investissement en IA ne produit des résultats que lorsqu’il s’accompagne d’une refonte des processus internes.

Les organisations qui investissent massivement dans l’IA voient leurs effectifs croître de plus de 10 % sur 24 mois, avec +12 % sur les postes juniors, en comparaison avec les entreprises qui investissent peu ou pas dans l’IA (moins de 3 $ par salarié).

Mais les auteurs de l’étude nuancent fortement la lecture causale : les entreprises du groupe « fort investissement IA » étaient déjà plus grandes, plus matures sur la technologie et connaissaient déjà une trajectoire de croissance plus soutenue avant la sortie de la nouvelle vague d’outils d’IA générative.

Ce qui fait la différence, selon l’étude, c’est plutôt la capacité à adapter les périmètres des postes et les circuits de décision autour de l’IA, plutôt que de se contenter d’empiler des abonnements. « Un portefeuille de licences de chatbots d’entreprise est un point de départ. Ce n’est pas une stratégie », peut-on notamment lire dans le rapport.