6Sense a interrogé plus de 870 BDR, principalement issus du secteur tech et logiciel. Résultat : 99 % d’entre eux utilisent l’IA au quotidien, et leurs volumes de prospection ont doublé en deux ans. Mais les taux de conversion reculent, le handoff vers les account executives se dégrade, et le facteur qui pèse le plus sur l’atteinte des quotas reste le soutien managérial perçu par les équipes. Décryptage…
Les usages IA les plus répandus chez les BDR sont aussi les moins corrélés à l’atteinte des quotas
Environ trois quarts des BDR (74 %) utilisent l’IA pour rédiger des emails, formuler des messages d’outreach et produire du contenu de prospection. C’est de loin le cas d’usage le plus fréquent. Pourtant, selon 6Sense, il n’est corrélé à aucune amélioration de l’atteinte des quotas.
Les usages qui montrent une corrélation avec la performance relèvent tous du développement des compétences :
- L’analyse de conversations commerciales, utilisée par 62 % des BDR ;
- La simulation et le role-play assistés par IA ;
- Le debriefing post-appel pour identifier ce qui a fonctionné ou non.
Les BDR qui s’appuient sur l’IA pour progresser en tant que commerciaux obtiennent de meilleurs résultats que ceux qui l’utilisent pour envoyer davantage de messages. Or c’est précisément la génération de contenu que la plupart des organisations déploient en priorité, parce qu’elle se scale sans friction et n’a pratiquement pas de barrière à l’entrée.
2. Les volumes d’outreach doublent mais le pipeline se dégrade à chaque étape du funnel
Entre 2024 et 2026, le nombre de touches par contact est passé de 17 à 34. Les outils de dialing assistés par IA et les agents vocaux ajoutent en moyenne 7 touches supplémentaires par cadence. Les BDR n’ont jamais autant sollicité leurs prospects !
Mais il y a un (gros) problème : cette intensification ne produit pas de pipeline proportionnel. Le rapport de 6Sense détaille les pertes à chaque étape sur une base de 100 prospects contactés :
- 41 répondent ;
- 33 débouchent sur une conversation qualifiée ;
- 23 aboutissent à un rendez-vous effectif.
Par ailleurs, la qualité du handoff entre BDR et account executives est en net recul. L’année dernière, 73 % des prospects étaient transmis comme des opportunités. Cette année, cette proportion tombe à 61 %, et 32 % sont désormais transmis comme de simples leads.
Autre signal préoccupant : seuls 36 % des BDR participent au rendez-vous qu’ils ont eux-mêmes décroché, ce qui fragilise la continuité de la relation avec le prospect au moment où elle compte le plus.
3. Le soutien managérial pèse plus que la stack technologique sur l’atteinte des quotas
Le rapport de 6Sense livre un constat à contre-courant du discours ambiant : le premier indicateur de performance chez les BDR, ce n’est ni l’outillage ni le volume d’activité. C’est le sentiment d’être soutenu par son organisation.
Les équipes qui se disent « bien accompagnées » atteignent 100 % de leurs objectifs, contre 77 % pour les autres. Un écart de 23 points lié avant tout à l’environnement de travail.
Pendant ce temps, l’investissement dans la formation continue de reculer d’année en année ;
- 49 heures en 2024 ;
- 47 heures en 2025 ;
- 45 heures en 2026 ;
Les budgets migrent en effet vers les licences logicielles, et les heures de montée en compétence se réduisent progressivement. Le paradoxe est tout simplement frappant : on équipe davantage les BDR… tout en les formant de moins en moins.


